Finir la saison en beauté

Repost de la newsletter #4 Décembre 2020


Bonjour à tous et bienvenue dans cette quatrième newsletter !

Dans cette newsletter, Enguerrand va vous parler de nourriture lyophilisée, de notre plus longue navigation en double sur Boogie Down et de notre première conférence… !

Mais avant de vous immerger dans notre univers de marin, on va vous parler de notre dernière actualité. On vient tout juste de lancer une campagne de crowdfunding ! N’hésitez pas à aller faire un tour sur ce lien, on a vraiment besoin de votre aide. On en profite également pour rappeler qu’on est toujours à la recherche de sponsors. La période n’étant pas idéale, votre aide nous est précieuse. Un grand merci d’avance !

Allez, on part tout de suite sur l’eau, fin novembre on a eu la chance de faire 10 jours d’entraînements consécutifs, alors on va vous raconter ça !

« En guise de remise en jambe on a commencé par une navigation de 36h tout juste arrivé à Lorient. Avec nous on avait embarqué Tanguy, un ami qui était moniteur de voile avec moi au YC Carnac il y a quelques années et qui aujourd’hui s’entraine pour participer à la mini transat ! Au programme de notre navigation, un aller-retour Lorient - Ile d’Yeu. Les conditions étaient plutôt légères en partant, assez peu de mer et de vent (8/10 nds). Au coucher du soleil, on naviguait entre l’ile de Houat et Belle-Île, un beau spectacle.

Viens l’heure du dîner, on a gouté des lyophilisés pour la première fois ! J’ai opté pour les macaronis fromage et Victor les pâtes bolognaises. Pas de chance après avoir tous les deux gouté les bolognaises, on était unanime : il y avait un défaut de conservation, immangeable ! Mauvaise première expérience avec les lyophilises, mais on a partagé les macaronis fromage qui étaient vraiment bonnes.

À ce moment-là, au milieu de la nuit, vers 3h du matin, on a reçu un appel à la VHF (la radio du bateau). C’était les affaires maritimes qui voulaient vérifier notre autorisation pour naviguer. Une fois les vérifications effectuées, ils nous ont souhaité un bon entraînement. Un moment aussi sympa que surprenant, on ne s’attendait pas à être surveillés au beau milieu de la nuit. Une fois l’Ile d'Yeu passée, retour vers Lorient au portant sous grand spi dans la nuit noire. Le bateau accélère tout de suite, le retour est beaucoup plus rapide et nous arrivons en fin de matinée au port. Le timing est parfait, car le vent se casse complètement la figure après midi.


Retour à la maison, on tombe de fatigue. Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Bertrand notre super coach pour une semaine d’entrainement !

Le but de la semaine était de s’entraîner sur des parcours assez courts avec de l’intensité. (Voici un exemple de parcours que nous avons effectué le mercredi).

Chaque parcours commence par une procédure de départ, Bertrand nous donne le décompte des 5 minutes avant le passage de la ligne. Interdiction de couper la ligne avant, ni de la franchir avec plus de 15 secondes de retard sous peine de recommencer. On ne vous cache pas que l’on a dû recommencer plusieurs fois avant de prendre un bon départ. Comme le dit Bertrand, ce n’est pas sur un départ que les courses au large se gagnent, mais prendre un bon départ permet de se mettre directement dans une bonne dynamique.

Une fois la ligne de départ franchie, c’est parti pour la première marque, puis les suivantes s’enchainent jusqu’à la ligne d’arrivée. Finalement c’était un peu une répétition en miniature de notre première course la saison prochaine, la Normandy Channel Race, mais cette fois là notre plan d’eau sera sur la Manche et la mer d’Irlande, et les manœuvres s’enchaineront pendant une bonne semaine.

Le programme de notre dernière journée d’entrainement avec Bertrand était un peu différent. En effet, nous avons fait un entrainement classique à la journée, puis nous devions déposer notre coach à terre avant de repartir dans la foulée pour un entrainement en double de 48 heures au large, qui sera notre plus longue navigation sur Boogie Down.

Nous avons quitté le chenal de Lorient à la tombée de la nuit, direction une cardinale (marque de navigation) au large de Guérande. Avec la fatigue de la journée et la nuit qui était déjà installée, nous avons décidé de diner rapidement puis de commencer les quarts. J’ai remarqué quelque chose qui nous a fait rire : on dort tellement peu qu’en mer on ne met pas de réveil, mais un minuteur. Je pars me reposer en premier, c’est parti pour une heure, TIC TOC, jamais facile de trouver le sommeil au début des quarts. Nous avons alterné toutes les deux heures jusqu’au passage de la première marque. Arrivé à la marque on peut abattre (s’écarter du vent) et préparer un envoie de spi, c’est parti pour un long bord d’une dizaine d’heures en direction de la baie d’Audierne.

La pleine lune nous accompagnera presque toute la nuit. Au lever du soleil, les couleurs hivernales d’un lever de soleil, orange et rose remplissent le ciel et une dizaine de dauphins viennent jouer avec le bateau. Un des plus beaux moments qu’on ait pu vivre sur l'eau depuis le début.

Encore une manœuvre et nous voici en baie d’Audierne. On se rend vite compte que le vent fort de la nuit à laissé des traces, notre grand-voile se déchire fortement. On ralentit à l’abri dans la baie, on affale la grande voile, on patch au mieux puis on hisse à nouveau. … Il est 11h, la suite de la journée va être difficile, on avance au près dans une mer formée avec du vent plus soutenu (25/30nds) le bateau tape fort dans les vagues, ça commence à être dur de se déplacer. Finalement la nuit tombe très vite comme c’est l’hiver, et la température s’écroule. La deuxième nuit va être très dure et très froide. L’avantage c’est qu’on s’habitue au rythme et à chaque quart on arrive à s’endormir plus vite. C’est impressionnant de voir son co-équipier dormir paisiblement malgré les mouvements violents du bateau et le bruit qu’il produit.

Le reste de la nuit, est assez monotone, quand le soleil décide enfin de se montrer c’est la délivrance. On aperçoit l’ile de Groix, on est chez nous à la maison. Malgré la dureté de la deuxième nuit, on est super content d’avoir réussi ce parcours à deux, en naviguant proprement avec de belles trajectoires. Deux nuits de suite en mer, la plus longue navigation avec le bateau, des conditions soutenues, cette dernière navigation de l’année aura été riche.

Une fois le bateau amarré au ponton, on peut souffler un peu et se réchauffer au soleil. Bertrand nous fait la surprise de venir nous accueillir au ponton, quel plaisir de le voir ! Il nous félicite pour ce parcours. On profite d’être avec Bertrand pour débriefer des 6 premiers mois de prise en main du bateau. Bertrand a l’air très content de notre progression depuis le début de l’été, rien ne pouvait nous rendre plus fiers et nous donner encore plus envie de travailler pour continuer sur cette belle lancée.

Cette dernière navigation a marqué le clip de fin pour cette première saison très riche en apprentissages et découvertes pour nous. Le bateau va partir pour un chantier hivernal, vérification du moteur, du système de barre et de ballast, changement de l’antifouling, démâtage du bateau pour vérifier que tout est en bon état.

Au milieu de cette semaine d’entrainement, nous avons également fait notre première conférence sur notre projet. L’association des Alumni de l’EPFL avait organisé une conférence sur ZOOM avec soixante-dix anciens de l’école. C’était très enrichissant de partager notre aventure et de voir l’intérêt chez des personne que nous ne connaissons pas forcément.

Voilà, c'était un long texte mais il y avait plein de chose à raconter. On vous souhaite à tous d’excellentes fêtes, de profiter de cette belle période. On se réjouis de vous retrouver l’année prochaine ! »

A bientôt,

Enguerrand et Victor


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Enguerrand Granoux & Victor Jost 

Transat Jaques Vabre 2021

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