Premier offshore à bord de BOOGIE DOWN

Le Mardi 28 juillet, nous avons vécu notre première navigation de nuit sur notre bateau. Voici le récit de cette navigation par Victor.


« Nous partons vers 13h du port de Lorient. Nico, notre entraineur, Enguerrand et moi. Nous sommes super excités et enthousiastes à l’idée de passer notre première nuit en mer à bord de BOOGIE DOWN. La météo est parfaite. Au programme : une longue remontée au près jusqu’au Raz de Sein pour ensuite redescendre vers Lorient sous spi.


Nous attendons une rotation du vent qui nous incite donc à tirer des bords près de la côte bretonne. Enguerrand est responsable de la navigation pour ce début d’entraînement tandis que je m’occupe de faire avancer le bateau. Nous échangerons les rôles plus tard. Je passe donc une grande partie du temps à la barre. Qu’est-ce que c’est agréable. C’est difficile à décrire, mais la sensation de vent sur mon visage, la tranquillité de la mer qui vient doucement claquer sur l’étrave du bateau et de chauds rayons de soleil.. c’est magique.


Le bateau va vite et reste très stable, on se sent merveilleusement bien. On enchaine les virements pour rester près des côtes. On commence à prendre les réflexes : matossage, ballastes, virement. Le matossage consiste à déplacer toutes les voiles et tous les sacs du bateau d’un côté à l’autre pour équilibrer son assiette. C’est moins difficile que j’imaginais. Le bateau est penché, on fait rouler les voiles sous le vent avant de les accrocher à nouveau. Sur le prochain bord elles seront au vent et rééquilibreront le bateau. Attention si on oublie de le faire avant le virement, il faudra porter les sacs de voiles pour les mettre sur l’autre bord et là c’est moins rigolo. Les ballastes sont des réservoirs d’eau de mer sur les côtés du bateau et permettent également d’équilibrer son assiette. Comme pour les voiles, on transfère l’eau sur l’autre bord par gravité avant le virement.


On passe entre l’île au mouton et les Glénans. C’est magnifique. Je donne la barre à Enguerrand et vais m’occuper de la navigation. Je passe du temps à l’intérieur avec le coach pour discuter de la route à prendre. Lorsque je remonte dans le cockpit, je trouve un Enguerrand amoureux. A-t-il été frappé par une sirène ? Il a du vivre un moment d’osmose tout seul à la barre. Il ne veut plus la lâcher ! Quelques dauphins viennent nous dire bonjour régulièrement. Génial.

Quelques heures et quelques virements plus tard, on se trouve à la pointe de Penmarch. La météo annonce un vent faiblissant. Si l’on pousse jusqu’au Raz de Sein on risque de revenir dans la pétole. On veut éviter cela alors on prépare un spi et on tire la barre : demi-tour.


C’est déjà le coucher de soleil lorsque le spi se gonfle pour la première fois. C’est instantané le bateau accélère et la quille entre en résonance. On navigue entre 10 et 13 noeuds, il fait de plus en plus sombre, on s’habille en conséquence. À cette vitesse le retour se fera beaucoup plus vite !


On se fait chauffer des nouilles chacun son tour. Toujours quelqu’un de concentré à la barre! Sauf quand les dauphins reviennent, on se déconcentre, le spi se dégonfle et Nico nous rappel à l’ordre! « Mais y a des dauphins coach! »


La nuit tous les repères sont modifiés, on se concentre moins sur la vue mais plus sur les sensations de barre, sur l’ouïe et l’assiette du bateau. À pleine vitesse, éclairé par la lune, le plaisir est presque plus grand que la journée. Pour compléter tout ça, les dauphins reviennent, chargés de plancton, ils apparaissent comme des torpilles lumineuses jouant autour du bateau. On se croirait dans un Walt Disney.


Il était prévu que nous fassions des quarts de sommeil pour nous reposer, mais, comme des enfants, ni Enguerrand ni moi ne voulions louper une minute de navigation, alors aucun de nous deux n’est allé dormir. Nous repassons à pleine vitesse à côté des Glénans, où nous observons des centaines de bateaux au mouillage. Mais nous les avons à peine regardé car nous devions rester concentrés : dans le détroit, la nuit, il faut rester aux aguets et surveiller le GPS car les rochers ne sont pas tous éclairés ni visibles. Et il n’y a pas que les rochers, un bon nombre de pêcheurs, travaillant de nuit, ne prêtent pas forcément attention à notre bateau.


Nous arrivons vers Groix sur le coup des 4h où nous enchaînons une dizaine d’empannages dans la nuit noire. Dans ces conditions, la coordination en double est primordiale. Nous apercevons peu à peu l’entrée du chenal de Lorient, dans un vent mollissant, admirant le lever du soleil au petit matin. Bientôt arrivés, fatigués, mais heureux. »

Victor


Retrouvez la vidéo résumé de cette navigation sur le lien suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=12jqdTh_iX4&t=4s

SOUSCRIRE À LA NEWSLETTER

contact@enguevicsailing.com

+41 79 325 22 41 | +33 6 28 91 51 63

Enguerrand Granoux & Victor Jost 

Transat Jaques Vabre 2021

  • Facebook
  • Instagram